La colpohystérectomie élargie par laparoscopie est actuellement acceptée dans le cadre du traitement des cancers du col utérin de stade précoce chez les patientes ne présentant pas de métastase ganglionnaire.
Indications
- Cancers du col utérin dits opérables de moins de 4 cm de stade 1a2 et 1b1 selon la classification de la FIGO.
- Les tumeurs de moins de 2 cm sans emboles tumoraux ont un traitement chirurgical exclusif.
- Une curiethérapie préopératoire est necessaire pour les tumeurs de plus de 2 cm et/ou celles qui ont des emboles sur biopsie ou pièce de conisation.
Bilan préthérapeutique
- La stadification clinique et par imagerie a donc pour but essentiel de sélectionner correctement les patientes.
- Le bilan d'extension préopératoire est réalisé par une imagerie par résonance magnétique abdominopelvienne qui permet de définir de façon précise la taille tumorale et les rapports aux organes de voisinage, ainsi que la présence d'adénopathies.
- Une radiographie pulmonaire complète le bilan paraclinique.
- L'examen clinique et le bilan d'extension par imagerie (idéalement l'IRM) attestent que :
- la tumeur est strictement limitée au col et mesure moins de 4 cm (Ib1 de la FIGO) ;
- les ganglions pelviens et lomboaortiques sont radiologiquement sains
La conservation ovarienne est proposée chez les femmes de moins de 40 ans pour des tumeurs de moins de 2 cm.
Technique operatoire
Voir film ci contre
La conservation ovarienne est proposée chez les femmes de moins de 40 ans pour des tumeurs de moins de 2 cm.
Complications
Les principales complications postopératoires sont similaires à celles de l'hystérectomie radicale par laparotomie.
La morbidité postopératoire comprend principalement les fistules urétérovaginales (1 à 3 %) et vésicovaginales, ainsi que les troubles mictionnels. Les fistules peuvent être précoces, dues au traumatisme direct de l'organe ou tardives, secondaires à une nécrose. En phase postopératoire immédiate, une rétention est fréquente, mais spontanément réversible. Elle est moins fréquente après le type II de Piver et si la résection du paravagin est limitée vers le bas. À distance, une sténose urétérale peut survenir. Le traitement des complications urinaires fait appel en premier lieu à la chirurgie endoscopique et/ou à la radiologie interventionnelle, mais une réintervention chirurgicale peut être parfois nécessaire.
Conclusion
La colpohystérectomie élargie par laparoscopie apporte des résultats carcinologiques équivalents à la chirurgie conventionnelle. La radicalité et le nombre de ganglions prélevés sont comparables à la chirurgie ouverte avec un bénéfice qui se résume au mot « économie » : de douleurs, de cicatrices, de durée d'hospitalisation.