Le cancer de l’endomètre est actuellement le cancer féminin pelvien le plus fréquemment rencontré (4 600 nouveaux cas annuels pour 3 300 cancers du col utérin).
Sa fréquence va augmenter dans les prochaines années du fait de l’absence de dépistage proposé, de l’allongement de l’espérance de vie des femmes et de la fréquente obésité rencontrée en période de ménopause.
Son traitement chirurgical peut varier en fonction
- du stade de la maladie,
- de l’état général,
- de l’âge de la patiente
- et de nombreux autres facteurs,
l’hystérectomie en représente la pierre angulaire.
La lymphadenectomie pelvienne et obturatrice est recommandée.
Cette prise en charge est actuellement réalisée de façon presque exclusive par
laparotomie ( 97% ces cas) le reste par cœlioscopie (2.2%) et par voie vaginale (0.2%)
Quelles sont les raisons de cette disparité ?
Cette prise en charge par laparotomie s’explique probablement parce que ce cancer de bon pronostic est pris en charge par l’ensemble des chirurgiens gynécologues et pelviens qui n’ont pas tous une expertise cœlioscopique
Quelle est la faisabilité de la prise en charge cœlioscopique ?
La réponse est positive pour l’hystérectomie et l’annexectomie(plusieurs études randomisées (hystérectomie cœlioscopique vs laparotomie) ont montré les avantages de l’endoscopie au point de vue opératoire, confort post opératoire immédiat, reprise d’activité sociale et professionnelle.
La réponse est positive pour l’exploration péritonéale qui bénéficie de l’effet « loupe » observée en cœlioscopie surtout chez les patientes obèses .
La réponse est positive pour le status ganglionnaire ; la lymphadénectomie illiopelvienne est parfaitement réalisable par cœlioscopie avec un nombre de ganglions prélevés plus important que par laparotomie et une fréquence des complications plus faible.
En conclusion
La prise en charge cœlioscopique des cancers de l’endomètre est possible et au moins aussi performante que par laparotomie.
La formation des chirurgiens à la cœlioscopie « avançée » reste d’actualité si l’on désire promouvoir cette voie d’abord dont les avantages sur l’environnement péri-opératoire sont actuellement admis.
Cette prise en charge ne doit pas être proposée à tous les cancers de l’endomètre. Elle doit être réservée aux cancers de stade débutant (stade 1 et 2a) de type endométrioide et dont le volume utérin autorise une extraction aisée par voie vaginale sans morcellement (ce qui représente les cas les plus fréquents).